La décoration d’un salon Art déco repose sur quelques choix cohérents : une palette contrastée, des matières nobles, un mobilier bien disposé et une lumière travaillée. Ce guide présente des idées concrètes pour identifier le style, composer les couleurs, placer le canapé et les fauteuils, puis répartir les luminaires en verre, avec les vérifications électriques utiles avant toute installation.
Sommaire
Reconnaître l’Art déco sans le confondre avec l’Art nouveau
Les deux mouvements partagent une époque et certains matériaux. Il est donc facile de les confondre. Quelques repères de dates et de formes suffisent pourtant à les distinguer avant de choisir un meuble ou une lampe.

Deux mouvements aux périodes qui se chevauchent
Selon le ministère de la Culture, l’Art déco apparaît vers 1910 et se développe pendant l’entre-deux-guerres. Le musée des Arts décoratifs retient une période plus large, de 1910 à 1937. L’Art nouveau, lui, couvre environ les années 1890 à 1914 : les deux styles coexistent quelques années, sans date de bascule nette.
Un jalon permet toutefois de situer le mouvement. L’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes se tient à Paris du 28 avril au 30 novembre 1925.
Des lignes géométriques, sans exclure les courbes
Mytiffany résume l’Art déco en trois notions : ordre, couleur et géométrie. Le mouvement touche l’architecture intérieure, les tapisseries et les vitraux. À l’inverse, l’Art nouveau préfère les volutes, les formes inspirées de la nature et les asymétries, là où l’Art déco privilégie les lignes droites et la symétrie.
Cette opposition reste une tendance, pas une règle absolue. Une bergère d’André Groult datée vers 1925, conservée au musée des Arts décoratifs, présente ainsi des formes organiques tout en appartenant pleinement à l’Art déco.
Les motifs Tiffany et la distinction des styles
Le même raisonnement s’applique aux luminaires. Mytiffany distingue certaines lampes Tiffany d’inspiration Art nouveau par leurs motifs floraux ou animaliers. Les modèles de style Art déco assemblent plutôt des morceaux de verre coloré selon des formes géométriques.
La couleur du verre ne tranche donc pas la question. Les luminaires Art nouveau employaient eux aussi le verre coloré : c’est le dessin de l’abat-jour qui révèle le style.
Choisir les couleurs et les matières du salon Art déco
Une fois le style identifié, la palette et les matières donnent le ton de la pièce. L’Art déco joue sur les oppositions : clair et sombre, mat et brillant, profond et lumineux.

Composer une palette contrastée
Le bois sombre s’associe volontiers au crème ou à l’ivoire. Viennent ensuite des couleurs plus affirmées : noir, vert profond, bleu nuit, bordeaux ou vieux rose. Ce choix reste une piste, à choisir selon l’ambiance recherchée, et non un nuancier imposé.
Ces teintes prennent leur relief par contraste. Une surface claire répond au bois sombre, un velours mat au métal brillant, une couleur profonde au crème.
Pour doser l’ensemble, un repère facultatif aide : la règle 60/30/10. La couleur dominante occupe 60 % de la pièce et la secondaire 30 %. L’accent se limite à 10 %, par exemple sur un coussin ou un abat-jour.
Associer textiles, bois et finitions métalliques
Côté matières, le musée des Arts décoratifs documente l’acajou, le palissandre, la laque, le galuchat (cuir de raie poli), le parchemin et les bronzes dorés. Le velours apparaît sur une bergère datée vers 1925 : il habille aujourd’hui un canapé, un fauteuil ou des coussins.
En complément, le rotin apporte une touche contemporaine. Il ne date pas pour autant une pièce : le musée des Arts décoratifs conserve un fauteuil en rotin de 1958.
Doser les motifs et les accessoires
Le vocabulaire Art déco comprend chevrons, gradins, zigzags, éventails, compositions rayonnantes et végétaux stylisés. Le musée des Arts décoratifs conserve une chaise « Éventail » datée vers 1924, ainsi que des œuvres à palmettes de Jean Dunand et d’Armand-Albert Rateau.
Devant tant de motifs, mieux vaut en retenir un seul comme fil conducteur. Les accessoires le rappellent ensuite avec retenue, sans dessins concurrents.
Choisir et disposer le mobilier selon le salon
Couleurs et matières posées, le mobilier doit encore trouver sa place. Sa taille et sa disposition dépendent d’abord de la pièce réelle, pas d’un décor idéal.

Partir des dimensions et des contraintes du logement
Avant tout achat, mesurez le salon et notez ce qui contraint l’aménagement :
- Les ouvertures : portes et fenêtres, qui limitent les murs utilisables.
- Les circulations : passages à laisser libres, sans oublier la cheminée.
- Les points électriques : prises et sorties existantes, qui orientent la place des luminaires.
Selon l’Insee, début 2024, un quart des appartements mesuraient moins de 45 m². Près de 40 % comptaient une ou deux pièces. Dans ce cas, une banquette, un fauteuil remarquable et une table légère remplacent un ensemble complet. En location, l’ANIL rappelle que peindre reste un aménagement, alors qu’une transformation exige l’accord écrit du bailleur.
Placer le canapé, les fauteuils et la table
Une disposition classique aligne le canapé et la table basse sur un axe. Les fauteuils dialoguent ensuite de part et d’autre, sans devoir être identiques. Le musée des Arts décoratifs conserve d’ailleurs une paire de fauteuils bridge de René Crevel datée vers 1930.
Les bergères n’appartiennent pas seulement aux années 1930 : celle de Paul Iribe date de 1913. Les tables basses conservées, datées vers 1925 et vers 1930, montrent aussi des dimensions variées. Aucun format n’est donc imposé.
Distinguer mobilier ancien et meubles de style
Un meuble d’époque, une pièce vintage de style, une réédition documentée et une reproduction contemporaine ne disent pas la même chose de l’ancienneté. Dans une annonce, « circa 1930 » signifie seulement « vers 1930 ». Pour une pièce présentée comme ancienne, examinez les proportions, le placage, les assemblages, les ferrures, les restaurations et la provenance.
Certaines essences demandent une attention particulière. Selon le ministère de la Transition écologique, le commerce de certains ébènes et bois de rose relève de la CITES, la convention qui encadre le commerce d’espèces menacées. La même vérification vaut pour un objet ancien contenant de l’ivoire.
Éclairer un salon Art déco
Le mobilier en place, la lumière fait toute la différence. Plusieurs sources réparties dans la pièce soulignent les matières et les axes de composition.

Répartir suspensions, appliques et lampadaires
Chaque type de luminaire remplit un rôle précis dans le salon :
- La lumière générale : suspension, lustre ou plafonnier, au centre de la pièce.
- L’éclairage mural : une paire d’appliques qui encadre un miroir ou une cheminée.
- Les zones ponctuelles : lampe à poser ou lampadaire près d’un fauteuil.
Au plafond, Mytiffany propose des suspensions Art déco Tiffany dont les abat-jour en verre varient par leur forme et leurs teintes chaudes. Les appliques ont aussi leur légitimité historique : le musée des Arts décoratifs en documente certaines conçues vers 1925 et d’autres datant de 1930.
Près d’un fauteuil de lecture, le lampadaire éclaire ou crée une ambiance. Mytiffany présente des lampadaires Art déco à abat-jour inversé, dont la lumière part vers le haut, ainsi que des modèles à deux ou trois ampoules.
Choisir le verre et l’ambiance lumineuse
Le choix du verre détermine ensuite la qualité de cette lumière. Les lampes Art déco Tiffany en verre coloré assemblent des morceaux teintés aux jointures foncées. Dès que la lumière filtre, des reflets proches du vitrail apparaissent.
D’autres verres modifient la diffusion : le fumé enveloppe la lumière, l’opalin la répartit plus uniformément. Une suspension historique de 1930 associait déjà onze disques de verre transparent à un cylindre en verre sablé.
Pour une ambiance chaleureuse, Promotelec indique une température de couleur de 2 700 K. L’organisme recommande aussi un indice de rendu des couleurs (IRC) d’au moins 80 pour l’usage domestique courant. Un variateur adapte enfin l’intensité, de la lecture à la soirée feutrée.
Vérifier les raccordements électriques
Avant d’installer un luminaire ancien, contrôlez son câblage, sa classe électrique et le raccordement existant : son apparence ne garantit pas sa compatibilité. Selon l’AFNOR, la norme NF C 15-100:2024, publiée en août 2024, s’applique aux installations neuves ou totalement rénovées depuis le 1er septembre 2025, sans imposer une remise aux normes intégrale. Dans ces installations, un dispositif de connexion luminaire (DCL) est normalement prévu. Un circuit d’éclairage compte au maximum 8 points lumineux. Il utilise des conducteurs d’au moins 1,5 mm² et un disjoncteur de 16 A maximum.
Foire aux questions
Peut-on associer des luminaires Art déco à un mobilier moderne ?
Oui, Mytiffany conseille ce mélange pour associer moderne et vintage. Une lampe Art déco crée aussi un contraste avec une commode en bois foncé. Posée sur un meuble du salon, elle devient un véritable objet de décoration.
Quelle ampoule choisir pour une lampe Art déco ?
Mytiffany recommande une ampoule LED plutôt qu’une ampoule classique, jugée plus écologique et plus performante sur le long terme. Depuis le 25 décembre 2019, les luminaires ne portent plus d’étiquette énergétique propre. Le classement de A à G, introduit le 1er septembre 2021, concerne les sources lumineuses.
Le marquage CE d’un luminaire garantit-il une certification indépendante ?
Non. Pour les matériels électriques concernés, le marquage CE traduit la déclaration de conformité du fabricant. Il ne constitue pas en soi une certification délivrée par un organisme tiers.
